TOUT LE MONDE EST OCCUPE (Bjik)
D'après le roman de Christian Bobin

Tout le monde est occupé. Tout le monde, partout, tout le temps, est occupé, et par une seule chose à la fois. (...) On ne peut pas faire deux choses à la fois. C'est dommage mais c'est comme ça. Dans la cervelle la plus folle comme dans la plus sage, si on prend le temps de les déplier, on trouvera dans le fond, bien caché, comme un noyau irradiant tout le reste, un seul souci, un seul prénom, une seule pensée. (...) C'est dommage, c'est navrant, c'est un peu étroit, c'est tout ce qu'on voudra, mais c'est comme ça. Tout le monde, partout, tout le temps, est occupé, et par une seule chose à la fois.

Peut-on vivre de manière poétique ? Les personnages de Tout le monde est occupé semblent dire oui. Il y a une légèreté salvatrice dans ce oui.

Ariane est femme de ménage. mais elle est bien autre chose. Elle est libre. Folle diraient certains. Elle vole quand elle est amoureuse. Elle dit ce qu'elle pense, ressent, veut. Et pire encore, elle le fait. On traverse avec elle et sa tribu vingt ans de vie, de rires, de larmes, de drames et de joies.

La puissance de ce texte réside dans les glissements du plus banal au merveilleux, et dans le trouble que cela engendre; plusieurs réalités coexistent, les fantasmes prennent corps, et l'on ne sait jamais si ce qui arrive est rêvé, ou imaginé.  Les animaux parlent et les morts se relèvent. On avance, dansant sur le fil de la vie, entre plusieurs mondes.

Sur scène, quatre comédiens parlent, bougent, et respirent d’un même souffle ; récitants aux faux-airs de choeur antique. Ils sont le théâtre. Et ils en jouent.  La parole circule, se prend, se donne, se vole, tombe du ciel.

Changement d’échelle, changement de point de vue, ellipses, travail sur les objets et les matières: nous déjouons les codes du théâtre pour créer des images et faire entrer la magie dans le quotidien.

Occupations, obsessions, accumulations... Tout le monde est de plus en plus occupé, et la maison est vivante : les objets eux-mêmes prennent vie, glissent, s’échappent, disparaissent, jusqu’à l’acmé libérateur ; l’incendie, qui est à la fois mort et renaissance.

Adaptation et mise en scène Maïa Jarville

Scénographie – Costumes Elsa Belenguier / Maïa Jarville

Construction accéssoires : TNP, Villeurbanne

Fabrication marionnette : Lisa Marchand, Emilie Valantin

Création lumière:  Yann Loric / Sarah Eger

Création sonore: Hervé Guérande Imbert / Louise Blancardi

Avec: Fanny Fezans, Maxime Mikolajczack, Martin Kamoun, Pauline Masse

Coproduction: Annonay Rhône Agglo en Scène, Scène Conventionnée de Die, METT, lieu dédié à la marionnette. 

Recherche de coproduction en cours.